Mon accouchement

Partager cet article

Comme pour beaucoup de femmes enceintes, les derniers jours furent particulièrement éprouvants pour moi.. 

Le 11 Août 2020 était ma date de terme et au 10 Août 2020 je n’avais toujours pas perdu les eaux ni la moindre petite contraction, les vomissements avaient repris et mes mains, mes jambes et mes pieds étaient très gonflés à cause d’une rétention d’eau importante. Ma valise de maternité et le sac de mon futur bébé étaient prêts et installés dans le coffre de la voiture depuis belle lurette et j’étais absolument obsédée à l’idée de le rencontrer ! 

10 Août 2020

Lors d’une visite médicale matinale à la maternité pour contrôler mon diabète et les mouvements de bébé qui n’étaient plus perceptibles, les sages-femmes ont noté mon épuisement, mon pouls lent, mes membres gonflées et mon moral qui était au plus bas. Quand elles m’ont annoncé que mon col de l’utérus n’était hélas presque pas modifié et que je devrais attendre jusqu’au 17 août pour un déclenchement, je n’ai pu m’empêcher de pleurer. Je n’en pouvais plus ! Mon corps et mon esprit lâchaient, je ne voulais plus souffrir au quotidien, je ne voulais plus faire d’allers-retours à la maternité, je ne voulais plus me piquer les doigts avant et après chaque repas.. je voulais accoucher ! Je voulais devenir maman et m’occuper de mon bébé. C’est donc dans un élan de bienveillance et d’empathie qu’une des sages-femmes m’a demandé : « Madame, voulez-vous qu’on vous garde aujourd’hui pour un déclenchement demain matin ? Vous remplissez toutes les conditions pour un déclenchement et nous ne pouvons pas vous laisser repartir dans cet état ».

Je ne peux vous exprimer le soulagement que j’ai ressenti à ce moment là.. si je n’avais pas été enceinte, j’aurais probablement fait un salto arrière de joie (rires) elle a poursuivi « allez chercher votre valise à la maison et revenez ce soir, vous allez rencontrer votre bébé très bientôt! » 

OUF ! Je pouvais respirer ! J’étais tellement heureuse que je n’ai pas réussi à manger ni à me distraire en regardant la tv ou en faisant une sieste, j’ai attendu assise dans les escaliers de la maison que nous partions en regardant l’heure toutes les 5 minutes. (Rires) 

Je me suis rendue une dernière fois dans la chambre de mon futur bébé et j’ai souri.. en me disant que la prochaine fois que je rentrerais dans cette pièce, ce serait avec mon bébé dans les bras. 

11 Août 2020

À 9h00 un infirmer est venu m’appliquer du gel de prostaglandine sur le col de l’utérus afin de déclencher mon accouchement. Le gel de prostaglandine est souvent préconisé lors de déclenchements artificiels lorsque le col n’est que peu modifié, afin de l’ouvrir en douceur. Il m’a conseillé ensuite de marcher autour de la maternité pour aider le col à se modifier. Nous sommes donc allés nous promener avec mon mari, les premières contractions se sont faites sentir aux alentours de 10h15 devenant progressivement de plus en plus douloureuses.

À 12h00 l’infirmier est à nouveau venu vérifier mon col de l’utérus que je pensais modifié compte tenu des douleurs importantes que je ressentais, ce ne fut pas du tout le cas, le col n’avait absolument pas bougé.. quelle déception ce fut ! Ils m’ont donc conseillé d’attendre que le col se modifie tout seul et de patienter tranquillement. 

Aux alentours de 15h00, après 5 heures de souffrances, l’infirmer est venu vérifier mon col à nouveau, celui-ci était passé d’une dilatation de 2 cm à 4 cm. Il m’a dit qu’a la prochaine moindre petite modification du col il m’emmènerait en salle de travail. 

Aux alentours de 18h00, après 8 heures de souffrances, mon col était passé à 5, l’infirmer a donc décidé de me faire monter en salle de travail. 

Quel bonheur ! J étais en pleine extase, frétillante de joie à l’idée de rencontrer mon bébé, papa était soulagé et très enthousiaste à l’idée de rencontrer son fils. Mais une nouvelle déception nous attendait. Arrivés en salle de travail mon col n’a plus bougé, après une attente de 3 heures, le corps médical a décidé de me renvoyer dans ma chambre et a demandé à mon mari de revenir le lendemain car l’accouchement n’aurait définitivement pas lieu le 11 Août. 

Si toutefois les choses venaient à changer, il serait immédiatement contacté.

Je suis donc allée me coucher, toujours sujette à ces contractions douloureuses, incroyablement déçue, seule et épuisée. Il me fut impossible de trouver le sommeil cette nuit là.

12 Août 2020

Le 12 août à 10h30 l’infirmer est à nouveau venu vérifier mon col, le geste commençait à devenir très douloureux après un nombre important de touchers du col. J’étais toujours dilatée à 5 cm. 

Je n’en pouvais plus.. il a donc décidé de m’appliquer à nouveau du gel de prostaglandine pour stimuler le col. 

Aux alentours de 13h30 les douleurs des contractions ont commencées à devenir  sérieusement insupportables. On m’a apporté du gaz hilarant afin d’essayer de m’éloigner de la douleur, ce qui n’a pas marché. Mon mari est arrivé aux alentours de 15h00 après que l’hôpital l’ai appelé précipitamment pour m’aider à gérer les douleurs et dans l’éventualité de mon accouchement proche. 

Après vérification de mon col il était passé à 7 cm. J’ai entendu l’infirmier murmurer à une collègue que je recevrais sûrement une injection d’ocytocine par voie intraveineuse en salle de travail pour accélérer le processus. 

12 août 2020 18h00 environ  

On m’a installée dans un fauteuil roulant dans lequel je me tordais de douleur, en arrivant à l’étage de la salle de travail je fus terrifiée par les cris de douleurs glaçants d’une femme en train d’accoucher, celle-ci avait choisi d’accoucher sans péridurale. J’ai remercié Dieu d’avoir choisi d’accoucher avec péridurale (rires) 

En salle de travail, une équipe bienveillante d’anesthésistes et de sages-femmes m’attendaient. 

Ce fut la fin de mon calvaire. Ils m’ont posé la péridurale et une sensation de chaleur et de bien-être a envahi tout mon corps, on m’a allongée et je me suis endormie, soulagée de ne plus souffrir et du répit donné à mon corps malmené par les symptômes de grossesse depuis de nombreux mois. L’équipe était formidable, dés qu’une petite douleur resurgissait, un membre de l’équipe médicale accourait pour augmenter ma dose d’anesthésiant. 

À 22h00, mon col n’était toujours pas modifié, l’équipe attendait qu’il se modifie seul pour ne pas avoir à utiliser l’ocytocine , une hormone de synthèse radicale qui est assez violente comparée à la prostaglandine plus douce. J’ai alors compris que je n’accoucherais pas le 12 Août non plus mais dans la nuit du 13 Août. Aux alentours de 00h30 un tandem adorable de sages-femmes est venu se présenter à nous et m’a administré une dose d’ocytocine qui m’a provoqué des contractions d’une violence inouïe, dés que je leur ai dit avoir mal elles m’ont administré une autre dose d’anesthésiant pour me calmer et en 15 minutes à peine elles m’ont annoncée avec un grand sourire : 

« Madame, vous êtes à 10! Vous allez accoucher » 

Futur Papa et moi étions si heureux. Moi qui à la base ne voulait pas accoucher au beau milieu de la nuit j’ai finalement adoré le calme qui régnait dans la maternité, l’équipe était d’une douceur incomparable et j’avais l’impression d’être dans une bulle de douceur imperturbable. 

Le moment de la poussée a été très rapide, il a duré moins d’une quinzaine de minutes environ, je n’ai ressenti aucune douleur et je n’ai eu aucun mal à pousser. J’ai été encouragée avec beaucoup de bienveillance par mon mari et par les deux sages femmes. « C’est super ce que vous faites madame ! génial ! Vous êtes une championne ! Il en a de la chance ce futur bébé ! » elles me caressaient le front et les mains, me félicitaient c’était magnifique ! J’ai adoré ce moment et j’ai même trouvé qu’il était passé trop vite (rires) 

Lors de la dernière poussée, l’une d’entre elles m’a dit : 

  « Madame, votre fils arrive, vous allez être maman dans quelques secondes vous êtes prête? »  Je n’arrêtais pas de pleurer de joie et quand elle l’a sorti de mon ventre pour le poser sur ma poitrine, ce fut le sentiment le plus merveilleux au monde. J’ai regardé mon mari, il avait les yeux plein de larmes.. mon fils, lui, m’a regardé bien droit dans les yeux avant de pousser des cris ! 

J’étais enfin maman ! 

Brooklyn est né le 13 août 2020 à 01h22 du matin. 

J’ai eu une grossesse très compliquée et j’ai juré à plusieurs reprises que plus jamais je ne tomberais enceinte. Et pourtant, je me rappellerai toujours avoir dit à mon père lors de sa première visite le jour de la naissance de BK, que ça en valait complètement la peine et que je revivrais ça les yeux fermés pour mon bébé ! Je ne regrette rien. 

Et j’ajouterais que la difficulté de la grossesse a rendue ma maternité plus douce encore qu’elle ne l’aurait été si je n’avais pas autant souffert. L’accouchement a été un véritable soulagement pour moi. J’ai enfin pu profiter pleinement de mon bébé avec un plaisir incommensurable. Même aujourd’hui je me rappelle chaque jour de mon désir de le rencontrer, de le voir, de le câliner et de m’en occuper. 

Dans les journées difficiles je me rappelle de la détresse dans laquelle j’étais quand j’étais enceinte et je peux vous dire que je relativise très vite (rires) 

Cet article a 2 commentaires

Laisser un commentaire

Derniers articles

Ma grossesse

Un terrible symptôme de grossesse méconnu du corps médical a jugé bon de s’inviter, transformant ainsi ma grossesse déjà très désagréable en calvaire absolu!

Lire plus

Catégories d'articles

×
×

Panier